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Mai 2011 – Numéro 22

Written on:septembre 16, 2011
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Critique

Du mésusage de la force de l’état

Fort avec les faibles

Les forces armées françaises disposent d’un effectif de 240.000 militaires et 70.000 civils, sans tenir compte des 100.000 gendarmes rattachés au ministère de l’intérieur. Avec environ 2,4 % par an de son PIB consacré à sa défense, la France est au troisième rang mondial, derrière les États Unis et la Chine. La France est également la 3ème puissance nucléaire mondiale, derrière la Russie et les États-Unis.

Cette puissance n’est pas seulement une arme de destruction massive à l’étranger : Libye, Afghanistan, Liban, Kosovo, République centrafricaine, Tchad, Côte d’Ivoire…. Elle est aussi prévue pour être utilisée contre le peuple français sur le sol national. L’armée peut légalement engager 10.000 soldats sur le sol français, en cas de crise majeure, comme révèle « Armées d’aujourd’hui », une des publications officielles du ministère de la Défense et comme confirme le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

L’instruction donnée fixe ainsi le « contrat opérationnel 10.000 hommes » que les armées doivent pouvoir déployer en quelques jours, en cas de crise: pandémie, attaque terroriste, catastrophe, crise d’ordre public. L’actualité du Maghreb et du moyen orient montrent clairement les méthodes appliquées par l’armée pour rétablir l’ordre public : répression des manifestants, tueries, emprisonnements massifs… En France, aux répressions à la Villeneuve l’été dernier et dans les banlieues parisiennes en 2005 s’ajoutent la banalisation des gardes à vue, les matraquages des manifestants non-violents (comme à Grenoble le 30 mars dernier pour la Nuit de la Solidarité)… Dans « Opérations banlieues, comment l’État prépare la guerre urbaine dans les cités françaises », Hacène Belmessous assure que les opérations de rénovation urbaine visent à faciliter les interventions policières, voire militaires, à venir dans les quartiers difficiles.

Comme aux États-Unis, la France de Sarkozy a choisi le chemin de l’affrontement contre son propre peuple. En se préparant à mobiliser l’armée contre la nation qu’elle est sensée protéger, la France vise surtout la sauvegarde du régime au détriment de tout le reste. Mais ces dispositions sont surtout prises en amont en prévision de crises beaucoup plus importantes qui permettront d’imposer un pouvoir total et absolu. Entre les pseudos menaces terroristes, les menaces beaucoup plus réelles des marchés financiers et leur nuisance, les conséquences de la guerre climatique…. les raisons futures d’utiliser l’armée contre le peuple ne manquent pas…

Faible avec les forts

A l’opposé, de passage au ministère des Finances, Sarkozy en a profité pour désarmer l’administration en matière de lutte contre la délinquance en col blanc. En France, on traque les petits et gros délinquants, voire des criminels de droit commun, y compris en rétribuant les informateurs. Mais lorsqu’il s’agit d’identifier des délinquants fiscaux, en col blanc, aux mains raffinées et en général aux comptes en banques bien remplis, on prend des pincettes. « La direction générale des Impôts ne rémunère, en effet, aucune information, quelle que soit leur nature. » Car, depuis 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie des finances et du budget, avait décidé de supprimer la rétribution des « aviseurs », (terme de la Direction Générale des Impôts pour « indics »).

Toujours en 2004, Nicolas Sarkozy a édicté une trentaine de règles tendant à « protéger » les contribuables, à compliquer les contrôles, et à réduire les amendes des entreprises. Or les dégâts issus de la fraude fiscale sont considérables, si on croit aux estimations d’une perte de recettes de 2 à 2,5% du PIB.

Retrouver les délinquants, leur faire acquitter leur part des « charges communes », comme le proclame la Déclaration des droits de l’homme et l’ « Égalité » de la devise nationale, est indispensable à la cohésion de la société à son avenir, aussi financier. La répression effective de la délinquance en cols blanc montrerait l’équité de la justice, indépendamment des classes sociales d’appartenances. Elle pourrait alors freiner la délinquance parmi les plus faibles de la société qui commettent des injustices le plus souvent au détriment de personnes tout aussi démunies qu’eux.

Proposition

Désarmements

Face un état français qui se prépare à combattre son peuple et qui protège les riches délinquants fiscaux, nous devons soutenir tout désarmement.

Désarmons l’état

Faisons en sorte que la France s’ajoute à la liste de la vingtaine de pays au monde sans force armée. On évitera des bains de sang au nom de la France où que ce soit dans le monde ainsi que l’étouffement meurtrier des quelques protestations civiles sur le sol national.

Faisons en sorte que la France puisse poursuivre efficacement les fraudes fiscales ce qui permettrait de vivre dans un pays avec un peu plus de paix sociale.

Si au 2,5% du PIB épargné par la suppression de l’armée on ajoute le 2,5% du PIB, estimé de pertes de recettes fiscales liées aux fraudes, on obtient un gain de 5% du PIB, soit 96 milliards d’euros par an, de quoi remplir les écoles d’enseignants (pour former, entre autres, les citoyens à la légalité et à la désobéissance civile), assurer des retraites décentes à tout le monde à 56 ans, contribuer à la mise en place d’un revenu inconditionnel d’existence (qui réduirait aussi la tentation de sortir de la légalité pour nourrir sa famille), ou bien d’autres choses…

Désarmons Voiron

Désarmons la police municipale, qui aujourd’hui est autorisée porter bombes et sprays lacrymogènes, matraques, revolvers, pistolets, Tasers…

Évitons que nos quartiers soient réaménagés pour devenir un terrain de jeu idéal pour cet instrument répressif intérieur que sont devenues les forces armées et de police.

L’actualité est trop riche d’exemples pour ne rien faire.

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